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23 |2013 : Figures du sacré
Notes de lecture
Communication, langue, discours
Paris, A.Colin, coll. icom , série Discours et communication, 2012, 238p.
Justine Simon
p. 429-431
Référence(s) :

Alice Krieg-Planque , , Paris, A.Colin, coll. icom , série Discours et communication, 2012, 238p.

Texte | Citation | Auteur

Texte intégral

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1 L’ouvrage d’Alice Krieg-Planque –docteure en sciences du langage et maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université Paris-Est Créteil Val de Marne (Céditec)– se présente comme un manuel d’analyse des discours institutionnels (politiques, organisationnels, institutionnels et sociaux). Il s’adresse aux étudiants à parcours multiples en sciences humaines et sociales( shs ), ne s’inscrivant pas exclusivement dans le champ de l’analyse du discours. Tous les étudiants qui seront conduits à analyser et éventuellement à produire des documents professionnels sont concernés par ce guide. Celui-ci propose une grille d’analyse précieuse de l’ensemble des discours institutionnels, qui renvoient à des pratiques d’écriture professionnelles variées. La brochure, le communiqué de presse, l’interview, le post-it, la profession de foi, le spot publicitaire, le sondage, le tweet font partie d’un ensemble de pratiques discursives évoquées et/ou analysées. Le manuel ne se définit pas comme étant réservé aux spécialistes du discours, mais il propose un cadre théorique et méthodologique très précis mobilisant un grand nombre de concepts essentiels pour étudier les discours, tels la formation discursive, les actes de langage, la phraséologie, l’implicite, le dialogisme, etc. La notion d’«intuition discursive» se construit au fil du discours. Selon Alice Krieg-Planque, l’intuition discursive spontanée correspond à l’interprétation complète et pertinente d’un énoncé dans un contexte donné. Cette intuition est liée à la capacité du destinataire à saisir à la fois les contenus explicites (expressions figées, formules, traces énonciatives, etc.) et implicites d’un énoncé (actes de langages, sous-entendus, etc.). L’ouvrage est structuré en six chapitres.

2 De manière claire et synthétique, le premier chapitre («Le discours: enjeux et méthodes»), cadre l’enjeu de l’ouvrage en soulignant le lien intrinsèque entre le discours et les activités démocratiques, politiques, institutionnelles et professionnelles. Ce rapport étroit entre langage et démocratie est notamment illustré par l’analyse engagée du philologue allemand Victor Klemperer (, trad.de l’allemand par Élisabeth Guillot, Paris, Éd.Pocket, 2003 [1947], pp.18-20) à propos de la langue du IIIReich. Ensuite, la problématique est restreinte à toutes les activités d’information et de communication perçue en tant qu’activités discursives. L’auteure sort de la vision traditionnaliste du rôle de la communication réservé aux services identifiés en tant que tels et propose l’idée d’une compétence à communiquer élargie à l’ensemble des services d’une organisation. Cette dernière est perçue en tant que communauté discursive capable de produire des énoncés, de les reformuler et de les faire circuler. On saisit ainsi l’objectif de sensibilisation à l’importance du discours dans l’ensemble des activités professionnelles: administratives, politiques, journalistiques, etc. Le chapitre se termine par une présentation du cadre théorique et méthodologique de l’analyse du discours (à travers la notion d’observables en discours), présenté comme un modèle complémentaire aux autres shs .

3 Dans le second chapitre («Actes de langage et institutions: l’efficacité de la parole légitime»), Alice Krieg-Planque propose d’appréhender les actes de langage pour interpréter pertinemment un énoncé dans un contexte donné. En s’appuyant sur les travaux de la pragmatique, l’auteure souligne le fait que les institutions (juridiques, politiques ou encore médiatiques) construisent des discours pour accomplir des actions. Plusieurs exemples d’énoncés sont étudiés tel l’arrêté municipal (pp.61-62) ou la présentation publique d’excuses institutionnelles (pp.74-75). Le mérite du chapitre est de donner des clés d’interprétation de l’écriture professionnelle qui produit des actes de langage de manière explicite (le discours est un véritable moyen d’action permettant de mettre en œuvre une décision politique) ou implicite (le discours est une exacerbation de l’ des acteurs professionnels, qu’il s’agisse d’un ethos de légitimité ou d’autorité). L’intuition discursive consiste donc ici à identifier l’acte de langage d’un énoncé.

4 Le troisième chapitre («Formules, slogans, figements: du lexique à la phraséologie») constitue une synthèse de travaux antérieurs sur l’analyse du figement à l’échelle du mot (analyse des noms propres d’événements) du syntagme et de l’expression (analyse des formules et lieux discursifs). Alice Krieg-Planque met l’accent sur l’effet de fermeture que produit la phraséologie. Elle évoque également l’importance de la mémoire des discours qui se présente sous l’aspect d’un partage culturel commun. Les discours institutionnels s’appuient sur des fragments de discours préexistants, qui se présentent comme pouvant être reconnus à travers différents degrés de figement. L’auteur souligne le fait que pour les institutions les choix des mots et des expressions sont très signifiants et reflètent les points de vue de celles-ci. Elle défend l’idée que le milieu de la vie du mot a une influence sur son sens. Afin d’interpréter et de produire des discours institutionnels, il est nécessaire de comprendre que le sens d’un mot est influencé par les interactions sociales dans un contexte socio-politique précis. De plus, l’auteure met en évidence les modalités de circulation des «slogans» et des «petites phrases». Elle prend l’exemple du slogan électoral de Nicolas Sarkozy en2007 «Travailler plus pour gagner plus» en insistant sur les effets produits par ses réappropriations et transformations (pp.105-106). Enfin, la chercheuse met en évidence la portée de l’utilisation de formules condensant des enjeux politiques et sociaux. Elle s’appuie sur son analyse de la trajectoire de la formule «purification ethnique» dans le discours de presse écrite à propos de la guerre yougoslave des années1991-1995 (pp.112-113), afin de montrer en quoi ce type de formules s’impose dans le discours comme autant d’objets polémiques dans l’espace public.

5 Le quatrième chapitre («Présupposés et sous-entendus: l’implicite») décrit deux formes d’implicite: les présupposés et les sous-entendus. L’analyse permet de saisir en détail ce qu’est un présupposé. Par sa formulation même, un énoncé donne à voir une thèse comme ne pouvant être contestée. En prenant l’exemple des discours médiatiques, l’auteur montre comment le recours aux présupposés permet aux journalistes d’assurer l’informativité des messages grâce à une succession de cadrages de l’actualité. L’utilisation stratégique de ce type de cadrage peut viser à piéger l’interlocuteur. Avec la question posée à Martine Aubry dans le contexte des élections présidentielles de 2002, «Malgré l’échec de votre loi sur les 35heures, avez-vous l’intention d’être Premier ministre, si Lionel Jospin est élu président de la République?» (p.129), Alice Krieg-Planque montre que le journaliste de France Inter insiste davantage sur le présupposé de l’échec de la loi relative aux 35heures que sur l’interrogation concernant ses ambitions politiques. À propos du sous-entendu, l’auteure précise que celui-ci ne relève pas d’une matérialité linguistique, mais qu’il suggère des interprétations. Selon elle, l’utilisation du sous-entendu, qui peut être doté d’une force argumentative, permet de consolider des communautés de points de vue comme celle des militants du Front national qu’elle prend en exemple (pp.140-142).

6 Dans le cinquième chapitre («Flou et équivoque: les ressources des locuteurs»), les multiples points d’équivocité d’un énoncé sont examinés. Alice Krieg-Planque considère la capacité qu’un locuteur à engendrer du vague, du non-dit, comme une ressource dans la production de discours institutionnels. Quant au destinataire, il fait preuve d’ouverture interprétative en prenant acte de l’épaisseur signifiante des énoncés. La chercheuse fait référence à de nombreux travaux de linguistique et d’analyse du discours. Elle insiste sur le fait que le locuteur peut jouer sur des effets d’équivocité en favorisant la survenue d’une pluralité d’interprétations d’actes de langage comme la «menace», la «garantie», le «chantage» (pp.166-167). Plusieurs configurations énonciatives sont étudiées telles les pronoms personnels, les déterminants possessifs, le pronom démonstratif «ça», les concessions, les sigles, etc. L’auteure montre que celles-ci font une grande place à l’ouverture interprétative dans les discours institutionnels. Entre autres exemples, elle prend celui de l’emploi du pronom «nous» dans les documents de communication interne en entreprise pouvant avoir une valeur inclusive ou exclusive. Sont également interrogés les effets interprétatifs des formulations de type «Plus jamais ça» (p.182) qui circulent dans les discours politiques et médiatiques. Les usages des initiales des noms propres dans les tweets des candidats à la présidentielle de 2012 (pp.180-181) sont analysés. Le macaron « ma Présidente (pour «Martine Aubry Présidente») est pris comme exemple significatif car la siglaison des initiales est porteuse d’équivoque étant donné qu’elle renvoie au déterminant possessif «ma». Le chapitre se clôt en donnant la possibilité de poursuivre l’analyse d’autres faits de langue offrant des interprétations plurielles, avec le cas des jeux de mots (p.185).

7 Quant au dernier chapitre («Polyphonie, dialogisme, interdiscours: l’ouverture du discours»), il s’appuie sur différentes analyses antérieures (notamment à propos des actes de langage et de la phraséologie) en portant une attention particulière au discours autre. Avant tout, l’auteure rend pertinemment compte des opérations de défigement. Elle poursuit l’analyse du titre de presse «Des réseaux pas si sociaux» qu’elle a amorcé au chapitretrois pour souligner l’objectif de captation recherché par les journaux d’actualité grâce à cette opération (p.193). Ensuite, Alice Krieg-Planque propose d’approcher certains faits d’hétérogénéité dans le discours à l’aide de la notion de «connotation». Les mots ou syntagmes connotés sont marqués par des usages colorés par l’horizon social, générationnel et professionnel. En faisant le lien avec le présupposé vu au quatrième chapitre, la notion de préconstruit est enfin abordée comme opération de mise en évidence d’éléments discursifs antérieurs dont l’origine énonciative se trouve effacée. En représentant dans l’énoncé une trace d’un discours qui aurait été tenu ailleurs, le préconstruit donne à l’énoncé un effet d’antériorité, un effet de «déjà-là», ou de mise en valeur d’un contre-discours. L’auteure prend le cas de la nominalisation d’action formant un préconstruit, c’est-à-dire portant la trace d’un procès qui aurait été exprimé ailleurs mais qui reste invisible dans l’interdiscours. Afin de mettre en évidence le principe d’ouverture du discours, elle développe un autre exemple cité précédemment, celui de la formule «purification ethnique»: «La purification ethnique, sinistre doctrine serbe, se propage sous le regard impuissant de la communauté internationale» (p.209).

8 Bien que s’adressant ouvertement à un public étudiant, l’ouvrage apparaît comme un véritable outil pour les chercheurs qui analysent le discours dans une perspective linguistique, communicationnelle ou argumentative. Il offre un nouveau regard sur des objets multiples à différentes facettes sémiodiscursives tout en décloisonnant le champ de l’analyse du discours aux shs . Alice Krieg-Planque insiste sur l’intrication du discours dans toutes les situations de travail en mettant en valeur le «caractère constitutivement discursif de la vie politique et sociale» (p.27). L’ensemble des références bibliographiques est présenté de manière à donner véritablement envie de poursuivre sa lecture. Le choix des exemples contribue aussi à la qualité de l’ouvrage puisqu’ils touchent à une actualité riche, variée et ponctuée de faits marquants. À travers cette analyse détaillée et très diversifiée, Alice Krieg-Planque souligne le caractère opératoire de l’analyse du discours tout en revendiquant la pluridisciplinarité de cette manière de faire se situant à la croisée des sciences du langage et des sciences de l’information et de la communication. À notre tour –à travers cette activité langagière de compte-rendu de lecture, qui est propre à la communauté discursive scientifique– nous engageons étudiants, enseignants et chercheurs à réfléchir à cette idée d’intuition discursive, à la partager et – pourquoi pas– à poursuivre l’analyse.

Pour citer cet article

Référence papier

Justine Simon , « Alice Krieg-Planque , », , 23|2013, 429-431.

Référence électronique

Justine Simon , « Alice Krieg-Planque , », [En ligne], 23|2013, mis en ligne le 30 septembre 2013, consulté le 07 juillet 2018. URL: http://journals.openedition.org/questionsdecommunication/8536

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CREM, université de Lorraine, F-57000 Adidas UltraBOOST X All Terrain Femmes chaussure de course bleu EU 40 2/3 UK 7 YfsGJnRJY

Il me fallait un titre laconique […]. Ce que j’ai vu – la guerre – c’est un fait. Les formes que j’ai saisies ont été ‘faites’ par la guerre, puis par moi. La guerre – et ses formes – ne dit rien d’autre que ‘c’est comme ça’ 16 .

14 À l’origine des photographies présentées dans Fait , une image aérienne parue dans le Time le 25 février 1991, représente des traces noires d’impact de bombes sur le sol du désert strié de lignes indéfinies. Sophie Ristelhueber décide alors de réaliser des images du désert koweitien, en allant y rechercher les vestiges de cette Guerre du Golfe rendue presque virtuelle par les médias. La photographe alterne vues aériennes et vues au sol et organise une perturbation volontaire de la vision en supprimant pratiquement tout repère d’échelle. Les images se présentent comme des all over , sans horizons, sans limites repérables. Elles ne semblent pas être des photographies de guerre au sens attendu du terme, mais seulement la représentation de longues et profondes blessures gravées dans le sable, évoquant, selon un écho indirect, le conflit et ses conséquences . Et pourtant, les vestiges de la bataille sont bien là, au cœur de l’image. Les photographies représentent des tranchées, des traces de bombardement, des carcasses d’engins, et des objets plus personnels, des chaussures ou des couvertures. Ces traces, bien que présentes, sont rendues presque indiscernables par le jeu des échelles, qui empêchent le regard d’adopter un point de vue, et par ce désert au ton ocre qui emplit la photographie et la sature.

L’artillerie comme les divers accessoires de guerre laissés par l’armée lors de son repli sont mués par la caméra en simples objets banals […] Bottes Classiques Femme Clarks Malvet Doris Bottes Classiques Femme Marron Tan 395 EU 39.5 EU Clarks Malvet Doris eTFun7
.

15 Ironie du travail, les vestiges sont sous nos yeux, mais d’une telle manière que nous ne savons les voir. Ce glissement perceptif requiert de la part du spectateur une attention accrue, puisqu’il ne peut se contenter de passer rapidement son regard sur les images pour en saisir le sens.

16 De la même façon, les vestiges du drame nucléaire de Hiroshima sont au cœur des images de Hiromi Tsuchida, sans être perceptibles en tant que tels. Paradoxalement intacts pour la plupart, des cerisiers, des pins ou des camphriers, une banque ou une ancienne gare de triage, des ponts de pierre ou d’acier, autant de sites d’incarnation de la mémoire collective. Ils sont noyés dans la ville contemporaine, indiscernables comme l’étaient ceux du désert koweitien. Marie-Jeanne Musiol, au contraire, en revenant sur les lieux du camp d’extermination et de concentration d’Auschwitz-Birkenau, prend le parti de totalement détourner le regard. Dans son œuvre intitulée ’ elle se situe à la périphérie du site, mais aussi à la périphérie du visible. Elle photographie les arbres de la forêt de Birkenau à la base de l’arbre, adoptant alors un point de vue qui n’est pas celui du promeneur mais celui du chercheur. On ne voit qu’une partie du tronc et le sol à sa base, en gros plan. Or quoi de plus banal qu’un arbre dans une forêt? Quoi de plus identique à un arbre qu’un autre arbre? C’est à une même difficulté à interpréter la trace, à la considérer comme telle, qu’est confronté le spectateur face au travail de Guillaume Herbault. Les objets ne sont plus ici dissimulés au regard, ou dépouillés de leur sens par le choix de l’angle de vue. Dans sa série au titre énigmatique «5/7» 18 le photographe affirme s’intéresser à «notre rapport à l’événement dramatique passé dans l’étude de ses effets présents» 19 . Il explore ainsi différents territoires, dont , la ville qui abritait le camp de Birkenau en Pologne, où il ne photographie qu’une seule fois les structures du camp et s’intéresse surtout à la vie de cette ville aujourd’hui. Dans sa série il va à la rencontre des survivants de la bombe de Nagasaki. Avec , il parcourt cette ville reconstruite après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl afin de reloger les habitants de Pipriat, qui se trouve elle aussi contaminée. La catastrophe de Tchernobyl inspire d’ailleurs un livre au photographe, . L’ouvrage mêle les vues des lieux et des portraits. Ces portraits sont ceux des «condamnés à mort», ces personnes encore vivantes mais irradiées, en sursis. En l’absence de séquelles flagrantes, évidentes de l’explosion, le photographe explore des espaces à l’abandon. L’événement est là, en filigrane, dont les seules traces sont ces objets qui ne disent rien en eux-mêmes, qui ne montrent rien de ce passé dramatique. Un mystère des lieux 20 dû au fait qu’ils ne présentent pas le caractère visible de ruines, bien qu’ils en soient.

17 Certains lieux résonnent d’un écho encore plus faible. Ainsi en témoignent les photographies réalisées par Christophe Draeger, lequel revient sur les lieux de ces faits d’actualité qui ont occupé la une des journaux. Dans sa série il s’attache tout particulièrement aux actes terroristes, aux catastrophes naturelles ou aux crashes aériens. Autant d’événements qui semblent surgir de nulle part, qui frappent aveuglément. Le photographe se rend sur les lieux des désastres, comme Three Miles Island, Lockerbie ou Kobe, et les photographie plusieurs années après les événements. Ce ne sont plus alors que des endroits communs, sans traces de dévastation. La gare de Bologne, par exemple, pourtant théâtre d’attentats terroristes sanglants, est à nouveau un lieu tout à fait ordinaire, avec des voies, des trains et des quais couverts. De l’incompréhensible violence, rien n’est conservé. La mémoire est comme effacée, on est face à une sorte de forclusion du paysage, qui se refuse comme lieu de résonance de la mémoire. Un camouflage du temps que constate Stéphane Duroy en parcourant ’ Skechers Mens Porter Repton Black Casual Shoe 75 Men US 1PlKMvuL
à la recherche de traces des deux guerres mondiales qui ont déchiré le continent. Sa pérégrination le mène de la Pologne à l’Est de la France, en passant par Berlin. Mais il semble que cette recherche des stigmates des conflits reste infructueuse. C’est ce que la première image de son livre, représentant un paysage boisé baigné d’une lumière bleutée, nous laisse supposer. Le lieu quelconque, ou du moins non reconnaissable, semble annoncer que l’on ne verra rien d’extraordinaire. Reliant les lieux et les époques, Stéphane Duroy découvre des monuments commémoratifs qui semblent incongrus, voire incompréhensibles. Littéralement, on ne sait pas quel événement cette statue de cet ange de la mort commémore, comme on ne peut déchiffrer cette stèle photographiée plein cadre. Les inscriptions sont devenues illisibles, recouvertes d’une mousse noire, avec au centre une photographie presque effacée. Les autres images de la série représentent des rails vides de tout train, une femme se maquillant devant une fenêtre aux rideaux tirés, un angle de rue enneigé, une route par temps de brouillard, un intérieur baigné de rouge… Les lieux du drame nous paraissent pour la plupart quelconques.

18 Arno Gisinger insiste d’ailleurs sur ce point, affirmant que dans la «recherche du vide, le banal est de plus en plus important pour [lui]» 22 . La violence de ces images se révèle seulement dans le texte qui les accompagne.

19 La puissance évocatrice des images «en creux» semble contenue dans l’établissement d’une relation entre représentation iconographique et représentation linguistique. Le texte, en effet, n’ancre pas seulement le sens de l’image, mais se présente comme un élément de sa mise sous tension. Face à un certain mutisme de l’image, laquelle ne donne rien à voir en soi, le langage se fait moteur de l’acte de remémoration. Le texte nous renvoie à ce qui n’est pas visible, à «ce qui a été», mais qui n’est plus. C’est dans l’association du texte et de l’image que l’actualité du drame refait surface. Le texte plonge le spectateur dans le théâtre de sa mémoire, soit par l’établissement d’un écart entre les deux formes du discours, linguistique et iconographique, soit à travers une identification du visuel par l’écrit.

La branche du haut et celle du bas se correspondent exactement quand on remplace x par -x et correspondent à la même solution simplement «tournée» d’un angle \pi/k_c . De plus il y a échange de stabilité entre la solution nulle quand \lambda<0 et les solutions bifurquées quand \lambda>0 .

Ce diagramme de bifurcation se rencontre fréquemment en présence de symétries. On l’appelle la bifurcation «pitchfork» (fourche). Il existe un moyen simple de réaliser une bifurcation «pitchfork»: prenez une règle en plastique flexible, posez là bien verticalement sur une table en la maintenant par l’extrémité supérieure avec l’index. Exercez sur la règle une pression modérée: rien ne se passe. Appuyez plus fort... à un moment donné la règle va fléchir, soit d’un côté soit de l’autre (il n’y a aucun moyen de savoir a priori de quel côté si la règle ne présente pas de «défaut»). La flexion d’un côté ou de l’autre correspond à l’une ou l’autre des branches de la fourche. Ce problème est connu sous le nom d’elastica, il a été énoncé (et résolu) par Euler en 1744...

On aboutirait au même résultat avec des équations de départ qui ne sont pas du type réaction-diffusion mais qui par exemple modélisent une instabilité hydrodynamique. Pour illustrer ce fait le lecteur pourra consulter une vidéo à l’adresse URL Vans Era Pro Spring 2018V00VFBQ30 spitfire 95 Jlcxnw
. On y voit une expérience d’électro-convection pour un film mince de cristal liquide de forme annulaire. Un mouvement d’électro-convection apparaît et s’organise en une structure analogue à celle calculée au paragraphe précedent. Ici on compte 7 «ondes» qui ont la forme de champignons (cellules de convection). Ce nombre dépend de l’épaisseur relative du domaine annulaire.

Dans un deuxième article je présenterai une généralisation de cette théorie au cas où le domaine est un plan (au lieu d’être unidimensionnel comme ici), ce qui me permettra aussi de montrer une approche plus géométrique de ce problème en mettant en arrière-plan les équations.

Post-scriptum :

L’auteur tient à remercier François Béguin , Julien Melleray et l’ensemble des relecteurs: Julien Vovelle, subshift, B!gre et alchymic666, pour leurs remarques judicieuses qui ont permis une substantielle amélioration du contenu.

[ 1 ] A. Turing . , Phil. Trans. R. Soc. Lond. B 1952 237 , 37-72.

[ 2 ] J.D. Murray . , tomes 1 et 2, Interdisciplinary applied mathematics, Springer (1989).

[ 3 ] On peut montrer qu’une seule espèce chimique n’est pas suffisante pour engendrer de la structure.

[ 4 ] Les équations se réduiraient alors \frac{dX_j}{dt} = a-bX_j, \\ \frac{dY_j}{dt} = -Y_j

dont les solutions s’écrivent X_j(t)=a/b+e^{-bt}(X_j(0)-a/b) et Y_j(t)=e^{-t}Y_j(0) . Les valeurs de X_j et Y_j à l’instant t=0 sont la de la solution qu’elles déterminent de façon unique.

[ 5 ] On peut se contenter pour préciser cette notion de proximité de dire que |X(\phi)-\hat X | et |Y(\phi)-\hat Y | sont plus petits qu’un nombre positif donné quel que soit l’angle \phi .

[ 6 ] Le procédé de la démonstration est un exemple typique d’application de la théorie des bifurcations en présence de symétrie. Il résulte d’un théorème très puissant de la théorie des équations différentielles que seules les composantes des solutions sur les harmoniques critiques (de nombre d’onde k_c ) doivent être prises en compte pour la résolution du problème de bifurcation. Ceci réduit le problème à une équation pour l’amplitude x (sur l’harmonique \cos{(k_c\phi)} ) et pour l’amplitude y (sur l’harmonique \sin{(k_c\phi)} ). On obtient ainsi un système réduit de deux équations différentielles de la forme \frac{dx}{dt} =h(x,y) \\ \frac{dy}{dt} =k(x,y).

Mais en outre ces équations héritent de l’invariance des équations de réaction-diffusion par rapport à l’action du groupe O(2) , c’est-à-dire ici par les rotations et réflexions dans le plan \{(x,y)\} . A présent remarquons que n’importe quel point du plan (x,y) est fixé par la réflexion par rapport à l’axe qui passe par ce point (axe de symétrie). Par l’invariance des équations, si une condition initiale appartient à un axe de symétrie, alors toute la trajectoire issue de cette condition initiale est contenue sur cet axe. De plus, il se passe exactement la même chose sur n’importe quel axe parce que les équations sont invariantes par toutes les rotations et que donc on peut toujours se ramener à un axe donné par une rotation d’angle adéquat. On en conclut qu’il suffit de se restreindre à un axe de symétrie, par exemple l’axe Ox , ce qui revient à résoudre une seule équation qu’on peut elle même ramener à la forme simple indiquée.

Pour citer cet article :

Pascal Chossat — «Les mathématiques de la morphogénèse (I)» — Images des Mathématiques, CNRS, 2012

Les mathématiques de la morphogénèse (I)

le 20 novembre 2012 à 11:09, par amic

Il y a l’air d’avoir eu un bug d’édition qui a fait disparaître tout un paragraphe (au moins):

«On a fixé a et b tels que $bIl résulte»

Répondre à ce message

Les mathématiques de la morphogénèse (I)

le 21 novembre 2012 à 08:25, par Pascal Chossat

le bug a été réparé.. Merci, PC

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